Le cadrage est souvent l’étape qui va déterminer la réussite ou l’échec d’un projet digital. Quand la demande est floue, on part vite sur des malentendus : un périmètre qui s’étend, des attentes implicites, des arbitrages tardifs, et au final des retards, de la restructuration et de la frustration.
Plus qu’un document, le cadrage sert à aligner tout le monde sur la même réalité : pourquoi on lance le projet, pour qui, avec quelles priorités, quelles contraintes et comment on saura qu’il est réussi.
Comprendre la demande (et revenir au besoin)
Pour cadrer, il faut d’abord sortir du réflexe « solution ». Un client ou une équipe interne demande souvent un site, un outil, une appli. Ton rôle, c’est de traduire cette demande en besoin, puis en objectifs concrets.
- Clarifier l’objectif : quel résultat veut-on obtenir, et pour quoi faire
- Identifier le problème : quel irritant ou quel risque on cherche à supprimer
- Poser le contexte : contraintes métier, organisation, calendrier, dépendances
- Définir l’urgence : qu’est-ce qui se passe si on ne fait rien
Définir les utilisateurs et les parcours prioritaires
Un périmètre clair commence par des utilisateurs clairs. Si on essaie de tout couvrir dès le départ, on finit souvent par diluer l’effort et livrer une solution moyenne.
- Identifier 2 à 3 profils prioritaires : ceux qui feront le plus d’usage ou qui ont le plus d’enjeux
- Décrire leurs objectifs principaux : ce qu’ils viennent réellement faire
- Sélectionner 2 à 4 parcours clés à sécuriser : les scénarios qui doivent fonctionner sans discussion
- Prévoir les cas dégradés : erreur, indisponibilité, perte de connexion, besoin d’assistance
Délimiter le périmètre
Le cadrage devient solide quand on écrit noir sur blanc ce qui est dans le projet et ce qui n’y est pas. C’est ce qui évite la dérive « on en profite pour… » en cours de route.
- Lister les fonctionnalités et contenus envisagés
- Classer en essentiel, utile, optionnel
- Définir explicitement les exclusions : ce qui ne sera pas traité dans cette phase
- Poser les hypothèses : ce qui est vrai “à date” et qui peut évoluer
Fixer des critères de succès
Sans critères de succès, on avance « à l’intuition » et, à la fin, chacun juge le résultat selon sa propre définition. Le cadrage doit donc poser une cible partagée.
- Définir 3 à 5 critères de succès maximum
- Associer des indicateurs simples
- Préciser qui mesure, quand, et avec quel outil
Voici quelques exemples d’indicateurs utiles :
- Taux de réussite sur un parcours clé
- Temps moyen pour trouver une information
- Nombre de demandes d’assistance sur un sujet
- Satisfaction utilisateur à chaud
Cadrer les contraintes dès le départ
Certaines contraintes changent tout et doivent être posées tôt, sinon tu les payes plus tard en restructuration. C’est particulièrement vrai sur les sujets conformité, sécurité et interopérabilité.
- RGPD : données personnelles, consentement, durées de conservation
- Accessibilité : obligations, niveau visé, méthode de validation
- Hébergement et sécurité : exigences internes, audits, authentification
- Interopérabilité : outils existants à interfacer, flux, responsabilités
- Achats et fournisseurs : contraintes contractuelles, délais, dépendances
Organiser la gouvernance et les décisions
Un périmètre clair ne tient pas sans décisions claires. Le cadrage doit préciser qui décide, qui valide, et comment on arbitre quand il faut choisir.
- Identifier le sponsor et le décideur final
- Clarifier les rôles côté métier, IT, communication, UX
- Définir les rituels : ateliers, comités, points de suivi
- Poser une règle d’arbitrage simple : valeur, risque, effort
- Formaliser les décisions et garder une trace accessible
Valider le cadrage avec un format court
Un cadrage efficace est compris et validé. S’il est trop long, il ne sera pas lu. Un format court, structuré, est souvent le plus utile.
- Une synthèse d’une page : objectif, périmètre, contraintes, jalons
- Un périmètre clair
- Les parcours prioritaires
- Les critères de succès
- Les prochaines étapes et ce qui manque encore
Conclusion
Transformer une demande floue en périmètre clair, c’est éviter une grande partie des dérives classiques des projets digitaux. Un bon cadrage aligne les parties prenantes, sécurise les décisions et facilite le pilotage au quotidien.
FABL Conseil accompagne les PME, associations et acteurs du transport à cadrer et piloter des projets digitaux utiles, réalistes et orientés utilisateurs.

